Pourquoi ce thème ?

Avant tout, Lulu et ses Papounets est un livre sur la famille ! Toutes les familles !
En Grande-Bretagne, un enfant issu de couple mixte ou non mixte peut parler de sa famille tout à fait librement. Ses parents sont sur son certificat de naissance et on ne remet pas en question la légitimité de sa famille, de même en Espagne, au Portugal, en Belgique…
En France, les lois ont bien du mal à évoluer et au delà des lois, les mentalités. On ne prend pas en considération la souffrance des enfants concernés par cette question ni celle de leurs parents.
Pourtant, ces enfants existent, ces familles existent.
Je m’adresse à ces enfants, à leurs camarades, à leurs familles, à tout le monde car tout le monde est concerné par la famille. Je m’adresse aussi aux enfants qui grandissent en entendant leurs modèles éducatifs dire qu’ils ne peuvent pas aller à la fête d’anniversaire de leur petit(e) camarade sous prétexte qu’il(elle) a deux parents hommes ou femmes.
La famille est censé être amour, bienveillance et ce quelque soit l’orientation sexuelle des membres qui la composent, parents ou enfants.
J’ai une famille sur le papier. Dans la pratique, il en est tout autre. J’ai moi-même souffert de stigmatisation et rejet de ma propre cellule familiale et ce dès ma plus tendre enfance. L’enfant qui est en moi se souvient avec une profonde douleur de chaque mot blessant qui fait encore écho aujourd’hui dans mon être.
J’entends des personnes dire que ce sujet ne concerne pas les enfants. Cela serait valable si des jeunes adolescents ne venaient pas à considérer le suicide comme seule solution à leur détresse; si des jeunes n’en venaient pas à vouloir mourir par rejet d’eux-même, par peur de l’image que leur renvoient leurs amis, parents, enseignants…etc. C’est toute la société qui est responsable quand un jeune décide de mettre fin à ses jours pour seul motif que son genre ou sa sexualité n’est pas conforme à la norme attendue de la majorité. C’est quelque chose de terrible !
Ce sujet me tient particulièrement à coeur. Cela faisait des années que je réfléchissais à l’écriture d’un livre mais je ne voulais pas faire n’importe quoi, n’importe comment. Ca a été un long processus.

Lulu et ses Papounets est-il un livre moralisateur ?

Moral oui, moralisateur non. Lulu par son innocence et sa logique enfantine distille de la bienveillance à l’égard de ses camarades qui ont un schéma familial différent du sien. Adopter le point de vue narratif d’un enfant évoluant dans une famille mixte aurait probablement été moralisateur et aurait pu générer une forme indirecte de clivage et discrimination inconsciente chez l’enfant. J’ai récemment lu un livre jeunesse fort bien intentionné mais qui m’a choqué. Le petit personnage exprime que sa soeur, adolescente, cache son attirance pour les filles par peur et honte. Mais dire ça à un enfant c’est générer une raison d’avoir peur ou lui laisser entendre qu’il y a peut-être des raisons d’avoir honte. Je ne voulais surtout pas ces mots dans mon ouvrage.

Il m’a semblé plus pertinent d’adopter le point de vue d’un enfant grandissant au sein d’une famille homoparentale et voir les choses dans le prisme de sa propre vie et expérience. Je souhaitais adopter un ton joyeux, optimiste qui donne à l’enfant une sensation de bien être lors de la lecture. Car on ne peut jamais savoir quelle est la vie de notre petit lecteur. Il peut s’agir d’un enfant qui a perdu son papa ou sa maman, d’un enfant qui vit mal le divorce de ses parents et qui a peur de ne plus être aimé, d’un enfant qui a deux papas et deux mamans et qui entend les moqueries des camarades… Lulu parle de façon rassurante à tous ces enfants. Y compris son camarade en famille d’accueil. Il explique indirectement qu’il ne faut jamais se moquer de la détresse que peut ressentir un autre enfant. Car oui, la famille peut aussi, parfois, être source de souffrances. Ne pas en parler c’est ignorer ce que les enfants peuvent ressentir. Toutefois, Lulu parle toujours de façon inclusive et positive et c’est essentiel. Les enfants de nos jours voient déjà bien assez de choses négatives. Il convient de leur présenter des sujets important avec légèreté et amour. Il faut de la tendresse en ce monde ! Lulu est pure tendresse !

En quoi Lulu et ses papounets est-il moral ?

L’homosexualité est perçue comme immorale par certaines personnes, soit. Toutefois un enfant lui n’est jamais fautif ni responsable de la conception des choses des adultes. Un enfant qui voit deux papas ou deux mamans ne voit pas nécessairement la sexualité sauf si on la sexualise pour lui. Je ne nie pas qu’un enfant est sexué et genré, ce n’est pas mon propos. Cependant, un enfant ne verra pas la perversion que les adultes prêtent aux relations sentimentales. Et tant mieux ! Laissons les dans l’innocence ! Et oui , on peut parler aux enfants de pleins de sujets avec bonté, empathie et bienveillance, y compris de sujets qui font clivage chez les adultes. Laissons les querelles aux grandes personnes et apprenons aux enfants à s’aimer, à se respecter et ce quelques soient les différences. Ils sont l’avenir, ils sont aujourd’hui et demain. Rejeter l’autre au nom de nos convictions et croyances n’est pas moral. L’inclusion, l’acceptation de l’autre est moral. En ce sens, il n’y a pas plus moral que Lulu.


Les illustrations sont-elles faites en digital ou traditionnel ?

Les illustrations ont été faites à l’aquarelle (contours marqueurs) fin sur un papier Magnani Toscana 300g/m2 en coton (Et je remercie Monsieur Pascal Roy, Pan Art distribution couleursetpapiers.com) . Elles ont ensuite été scannées et seul le grain autour des sujets a été supprimé en digital. Les images n’ont pas été retouchées et laissent apparaitre le grain du papier pour plus d’authenticité.

Y aura-t-il une suite ou une version deux mamans ?

Une version deux mamans n’est pas prévue. Une suite ? Je ne sais pas encore.
Je me penche par contre sur des versions en langues étrangères. A savoir si j’en serai la traductrice ou si je ferai appel à des traducteurs. J’ai trois autres livres en cours d’écriture, tout dépendra de mon temps disponible.

Pourquoi avoir choisi l’impression à la demande ?

La première raison est le relationnel avec l’équipe commerciale de Lightening Source. J’ai apprécié le contact et les modalités de fonctionnement. Les autres équippes production et commandes ont été tout aussi professionnels et la communication facile.
La seconde raison, très importante à mon sens : moins de production de stock inutile, moins de transports et donc une démarche plus économe et écologique.

Le livre sera-t-il dans tous les points de vente ?

Non, pas du tout.
Je maintiens la position écologique et souhaite éviter les transports. J’aime que mon produit aille de l’imprimerie au destinataire sans passer par la case entrepôt etc. De plus, je n’encourage pas certaines pratiques et de ce fait, mon livre ne sera pas disponible sur des plateformes en ligne. Il sera disponible en commande sur le site de la maison d’édition. (le livre part de l’impression au client directement, cela me semble raisonnable). Il pourra être disponible dans certaines librairies également, si elles partent d’un principe équitable.
A ce jour, sur le prix d’un livre, l’auteur ne perçoit que 10% du prix de vente, en moyenne. Le point de vente peut prendre entre 25 à 35 %, une fois le coût de fabrication et les taxes déduits, l’éditeur prend le reste. Prenons l’exemple d’un livre à 7 euros, je vous laisse faire le calcul de ce que perçoit l’auteur (et encore je ne parle pas de l’illustrateur !).
Une libraire m’a dit l’autre jour : “Il faut qu’on paie nos charges et nos taxes”…. hmmm oui, et donc l’auteur et l’illustrateur ne paient pas les leurs ? Quand j’envoie un livre, je dois entrer les frais de colisage dans mon chiffre d’affaire or, mes charges sont calculées sur mon CA, droits d’auteurs et frais de ports etc. ! Pourtant il ne s’agit en rien d’une marchandise ou d’un service qui va entrer dans ma poche. Mais c’est ainsi, nous payons aussi nos charges. Je prône un système plus juste et équitable pour tous les partis et une reconnaissance du métier d’illustrateur !

Vous pensez que le métier d’illustrateur n’est pas reconnu ?

Tout à fait ! La polémique autour de la campagne de communication de Bordeaux en est une manifestation mais il y en a d’autres. Illustrateur n’est pas toujours reconnu comme un métier.
Je reçois un nombre considérable de témoignages d’illustrateurs sur un groupe que j’administre et je lis leur détresse. Il y a un besoin urgent de parler de ce métier.
Il ne passe pas un jour sans que je supprime des annonces demandant aux illustrateurs de travailler gratuitement. Il y a un long travail pédagogique à faire à ce niveau. Oui, l’illustrateur est un artiste mais c’est aussi et surtout un professionnel ! Il a une entreprise, des charges et des lois à respecter. Illustrer c’est analyser les attentes du client, trouver une solution à une problématique, faire des devis, signer des contrats…Etc. C’est un ensemble de savoirs et de compétences. Il ne s’agit pas seulement de quelques gribouillages sur un papier sinon, tout le monde pourrait illustrer. Ce n’est pas le cas. Le matériel coûte très cher, se former également, c’est un travail long et fastidieux d’autant qu’il y a tout l’aspect administratif de l’entreprise. Bien sûr que nous aimons notre métier ! C’est extraordinaire, passionnant. J’imagine que l’architecte aime lui aussi son métier, il ne va pour autant pas dessiner les plans de votre maison gratuitement. Ceci est valable pour tous les métiers.

Les illustrations de Lulu et ses Papounets ont-elles pris beaucoup de temps de travail ?

Oui et non. Oui dans le temps de réflexion et non dans le temps de réalisation. Le choix des couleurs et des tons. Je voulais un livre qui se démarque du tout digital actuel avec couleurs très vives. Je voulais au contraire quelque chose de doux. J’ai commencé par croquer les personnages à partir de formes géométriques avant de leur faire subir plusieurs évolutions. J’ai ensuite choisi mon papier et ma palette. D’un bout à l’autre du livre, j’utilise la même palette. (intense blue, cerulean blue, cadmium orange hue, alizarin crimson, windsor red, Terre verte, Raw et Burnt umber, et Yellow ochre) Transparence et blanc pour nuancer mais pas de noir ni complémentaires. La partie digitale a pris un petit peu de temps car je n’aime pas travailler l’outil informatique et manque de maîtrise. Cela se constate dans la partie édition du livre. Il s’agissait de mon premier ouvrage et voulait être maître de mes choix artistiques mais cela implique de faire quelques coquilles de débutant notamment sur les marges …Etc. Je ne vais pas tout révéler, vous n’allez plus voir que les erreurs ! (Rires) Ce serait bnien dommage. Je préfère que vous y voyiez le message et que vos enfants ne voient que du beau. Aptitude propre aux enfants.

Lulu s’adresse-t-il seulement aux enfants ?

De toute évidence, non ! J’espère par ailleurs qu’il sera une porte au dialogue entre l’enfant, son parent, son éducateur … Mais les enfants comprennent des choses avec bien plus de simplicité que les adultes qui aiment tout compliquer. Je souhaite bonne lecture aux petits mais aussi aux grands.

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